It's a cold and it's a broken hallellujah
6ième partie
6ième partie
Le matin se levait sur Faloras. À première vue, c'était une journée normale. Les jeunes se préparaient tranquillement à se rendre à l'École de magie. Pourtant, dans quelques familles, l'ambiance n'était pas aussi calme.
Chez Gahorel et Somila, cette dernière courait partout dans la maison à la recherche de sa cape la plus chaude. La saison des pluies allait arriver vite, la lune de l'Eau étant apparue hier soir bien haut dans le ciel.
- Tiens ta cape, dit Gahorel en tendant l'étoffe noire à sa femme. Dilwen est prête?
- Je crois qu'elle ne tient pas tant que ça à retrouver son frère, elle est enfermée dans sa chambre depuis hier soir, répliqua Somila d'un ton sec. Allons-y.
- Vas dehors, je vais juste…
Mais Gahorel ne pris même pas la peine de finir sa phrase et s'engagea dans les escaliers. Il alla cogner à la porte de la chambre de sa fille.
- Dilwen? Laisse-moi entrer, s'il te plaît…
Il fallut un bon moment à la nymphe pour accepter d'obéir. Lorsqu'elle ouvrit à son père, elle se jeta dans ses bras en pleurant.
- Hé, beauté, qu'est-ce qui se passe? S'alarma Gahorel.
- Rosse et Aryan ne m'ont jamais aimée…
- Pourquoi dis-tu cela?
- Si ils avaient tenu à moi, tu crois qu'ils m'auraient abandonnée ainsi?
Gahorel fit asseoir Dilwen sur son lit. Il essuya les larmes qui coulaient de ses yeux verts. Elle ressemblait tellement à Rosse, ils avaient le même regard de forêt et le même sourire sensuel. Oui, Gahorel était fier de ce que ses enfants étaient devenus.
- Tu sais que ton frère t'adore, fit-il. Et ne parle pas de Rosse au passé, ça me rassure pas tellement…
Dilwen haussa les épaules. Après de longues minutes, elle consentit à suivre son père dehors. Ils marchèrent aux côtés de Somila qui ignora les yeux rougis de sa fille. La famille se rendit au point de départ de la recherche qui était la place publique de Faloras. L'eau coulait de deux charmantes fontaines de pierres. Il y avait déjà pas mal de gens présents, et ils jetèrent un regard désolé aux nouveaux arrivants. Dilwen aperçut Murtagh qui discutait à voix basse avec Leanie et Paromyr, les parents d'Aryan. Elle s'approcha timidement d'eux. Paromyr lui jeta un regard dégoûté.
- Alors, c'est toi la meilleure amie de ma fille? Lanca-t'il, les lèvres pincées.
Dilwen garda le silence quelques instants.
- Je suis désolée pour vous, se contenta-t'elle de répondre. Aryan est une fille douée, je…
- Arrête de baratiner! Coupa l'elfe. Va rejoindre tes parents -maudits soient-ils-, et cesse de nous ennuyer!
La nymphe obéit sagement. Murtagh la suivit, et ils allèrent s'asseoir à l'écart.
- N'écoute pas ce que dit Paromyr, dit-il. Tu sais qu'il n'est pas vraiment sympathique, en plus il a les nerfs à vif à cause d'Aryan…
Il blottit Dilwen dans ses bras et lui caressa doucement les cheveux jusqu'à ce que Leasson, un garçon de leur classe, les aborde.
- C'est vous les meilleurs amis d'Aryan et Rosse, hein? Fit-il.
-Bah, euh… oui, rétorqua Murtagh. Pourquoi.. ?
- Je les ai vus hier, au bal masqué de Morowha.
Il parlait à voix très basse.
- Ils se sont déguisés et ils sont entrés dans la salle de bal pour voler des provisions.
- Il faut aller les chercher! S'empressa de dire Dilwen en se levant.
Mais Murtagh la tira par le bras pour la faire rasseoir.
- Attends quelques semaines, ils vont revenir en pleurant. Laisse les vivre leur folie… Et qui sait? Après, peut-être que leurs parents verront qu'ils s'aiment pour de vrai.
¤¤¤
Aryan se réveilla très tard, ce matin là. Elle chercha à tâtons Rosse à ses côtés, mais ne le sentit pas, alors elle ouvrit les yeux. Les rayons du soleil l'aveuglèrent.
Rosse n'était pas visible. Elle se leva et fît quelques pas vers le lac, toujours personne. La forêt l'entourait de toutes parts et le silence pesant l'effrayait un peu. Au début, elle crut que Rosse lui faisait une blague comme l'autre fois, alors elle s'approcha d'un bosquet de fleurs plutôt imposant.
Personne.
Le cœur de la fée se mît à battre furieusement lorsqu'elle constata que les affaires de Rosse était disparues, ainsi que la nourriture qu'ils avaient réussi à accumuler. Même ses propres vêtements n'étaient plus là!
Si c'était pour rire, ça n'était vraiment pas drôle!
- Rosse? Tu es là? Mon amour?
La seule réponse qu'Aryan reçut fût le cri d'un oiseau. Puis, d'autres cris retentirent, et le sol trembla.
Une ombre la recouvrit. Aryan leva les yeux vers le ciel et sentit ses jambes fléchirent sur le coup de la surprise. Un dragon d'une intense couleur rouge survolait le lac. Sa bouche s'ouvrit mais aucun son n'en sortit. Elle retrouva son aplomb et enfin ses jambes lui obéirent. Elle s'élança à travers les arbres et les sentiers.
Lorsqu'elle réussit à atteindre l'agglomération de maisons le plus près, elle s'effondra sur le sol, essoufflée. Un paysan s'approcha d'elle.
- Hé, p'tite dame! Qu'est-ce qui se passe?
- Un dra… un dra…
- Un quoi?
Mais le paysan eut la réponse bien vite. Le dragon arriva en un battement d'ailes et enflamma sa chaumière d'une seule respiration.
À suiivre